Tu étais là, seule sur la plage, pensive sur ton rocher. Seule à contempler les vagues. Et ton image a fait écho en moi. Bientôt, c' était moi que je voyais, seul et abandonné, à contempler le
ressac d'une vie qui ne m'appartenait plus.
Alors je me suis approché de toi, et tu m'as souris. Aujourd'hui encore je ne comprends pas pourquoi, mais tu ne semblais pas étonnée de me voir. Ton visage m'était familier, comme si je t'avais
toujours connue, mais sans arriver à mettre le doigt où...
Ton interrogation semblait la même et rapidement la conversation s'est engagée. Nous devisions sur les choses de la vie, celles importantes, pas celles dont on parle dans le bus, mais celles dont
on ne parle qu'à un ami. Ou à soi-même.
Puis le silence recouvra la conversation, témoignant d'une proximité plus belle encore. Je m'attardais sur ton visage, et caressait tes formes de mon regard. Il n'y avait aucune gêne dans ce
regard, c'était celui dont on use pour admirer des oeuvres d'art, ou des levers de soleil... Tu rougissais cependant que je te regardais et ton regard fuyant s'attardait à son tour, relevant à mon
entrejambe le désir qui montait peu à peu en moi.
J'ouvrais la bouche pour dire un mot, m'excuser, que sais-je, n'importe quelle parole aurait brisé cette tension naissante. Mais d'un geste tu me fis taire, conservant un voile de mystère autour de
ce moment qui nous appartenait. D'un même élan, tu t'approchas de moi et, me fixant dans les yeux, m'allongea contre la roche. Tu glissas sur moi, promenant tes mains sur mon buste et figea ton
visage à quelques centimètres du mien. N'y tenant plus, j'esquissais un geste vers toi, mais tes lèvres se dérobèrent sous les miennes et d'une moue tu me montras que c'est toi qui déciderais de
m'embrasser.
...
Lorsque je me suis réveillé le lendemain, tu n’étais plus là. Je reviens chaque jour sur cette plage où nous nous sommes rencontrés, espérant croiser de nouveau ta silhouette abandonnée sur son
rocher. Toi dont je ne connais pas le nom. Toi qui m’a vu mort. Toi qui m’a vu naître. Toi qui m’a fait vivre. Mon amour.
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