ATTENTION, CERTAINS EVENEMENTS CITES DANS LE TEXTE SONT SUSCEPTIBLES DE CHOQUER LES ÂMES SENSIBLES.
Putain de bonne soirée en tout cas !
Ils déambulent, bras dessus, bras dessous en sortant du pub, des musiques rock encore plein la tête. Ils viennent de fêter l'anniversaire de Stéphane en faisant le plus gros
Barathon de leur vie. Ils sont vraiment finis, imbibés d'alcool. C'était le premier Barathon de Jon, qui n'avait pas compris le principe au début. Ce n'est qu'en sortant du deuxième bar et avant de
rentrer e le troisième qu'il avait capté.
Mais pourquoi à chaque fois on boit une seule choppe et on ressort ? Et puis il avait compris, ils avaient continué et les choppes avaient fini
par laisser place à des shots d'alcool forts.
Maintenant, en déambulant, ils sortaient du Vieux Nice, lieu étrange où les pubs étaient foison la nuit alors que le jour les boutiques de souvenirs vendant des nappes bariolées semblaient être
omniprésentes. Ils arrivent à hauteur de la ligne de Tramway qu'ils traversent sans faire attention : de toutes façons la nuit il ne roule plus...
STOP !
C'est Flo qui vient de retenir ses amis par les épaules. Devant eux, à quelques centimètres seulement, vient de passer un bolide. Roulant à tombeau ouvert sur la voie réservée au tramway, il vient
de manquer de les renverser tous trois. Ce qui était choquant, c'est le gyrophare éteint qui trônait sur le toit du véhicule.
Some of those that work forces...
Salopards de flics !!! Eructa Stéphane en lançant imaginairement la bouteille de bière qu'il aurait pu avoir à la main. Plus tôt dans la journée, un policier zélé lui avait collé un pv pour dix
minutes de dépassement de stationnement, par rapport à ce qu'il avait payé à l'horodateur. Ce qui l'avait mis hors de lui, c'est qu'il n'avait pas eu l'occasion de protester : le policier avait eu
le temps de venir après que l'horaire ait été dépassé, de mettre l'amende, et de repartir en moins de dix minutes, sans que Steph ne le voit !
... Are the same that burn crosses.
Et maintenant ils manquent de le tuer, en roulant à toute allure sur une voie qui ne leur est pas réservée ? Ces flics prenaient décidément tous les droits ! Quelle urgence pourraient-ils bien
avoir qui les empêche de rouler sur la route, à quelques mètres de là ? Aucune évidemment ! Ils avaient juste envie de se payer un petit frisson eux aussi, et savaient que personne ne les
arrêterait puisque c'étaient eux la police !
Heureusement, l'alcool aidant, une dizaine de mètres plus tard, en entrant dans le parking souterrain pour raccompagner ses amis, l'incident était déjà bien loin.
Oh, t'as pas deux euros ?
La question vient de deux jeunes qui buvaient à l'entrée du parking, assis en train d'écouter de la musique eux aussi. Comment leur dire non, se demandait l'esprit embrumé de Stéphane ; mais
la réponse vint de Jon, évidemment :
Deux euros ?..... Deux européens ???
La blague n'était évidemment pas drôle, mais l'hilarité était totale pour les compères, qui se suffisaient de cette non réponse pour continuer leur route. C'est dans un grand éclat de rire qu'ils
arrivèrent jusqu'à la voiture de Flo et lui dirent au revoir. Ils redescendirent alors que celui-ci n'était pas encore parti, ayant probablement décidé de rester un peu dans la voiture le temps
d'avoir les idées claires avant de prendre la route. Sage décision.
Alors qu'ils redescendent, riant toujours, un poing s'abat sur le visage de Jonathan, le clouant net à terre.
Alors p'tit pédé !? Ca te fait toujours rire que j'aie besoin de deux euros ?
Un coup de pied en pleine tête de Jon finit de le mettre K.O.
Et toi ? Tu vas bien avoir deux euros pour tonton ?
L'alcool n'est plus là. Il a dessaoulé d'un seul coup. C'est la peur qui fait trembler les mains de Stéphane qui cherchent son portefeuille dans sa poche intérieure...
And now you do what they told you...
... Pour le sortir finalement et en ouvrir la partie porte-monnaie pour trouver une pièce de deux euros. Une gifle s'abat sur le coin de sa tête sans qu'il l'ait vue venir. Un autre coup renverse
son portefeuille.
Et si finalement tu me donnais tout ton fric ? Ca t'éviterait de compter ! Moi je trouve ça plutôt sympa de ma part ! L'autre riait dans son coin, tandis que Stéphane
obéissait nerveusement aux ordres qu'on lui lançait. N'importe quoi pourvu que ça finisse vite.
And now you do what they told you...
Une chaussure s'écrase sur sa main droite, tandis qu'il s'était baissé pour ramasser le portefeuille. Un cri s'échappe de sa gorge. Un cri de douleur non contenu. A peine plus loin, il entend des
pas, une personne qui passe. Et les pas qui accélèrent. Pour le laisser seul.
Now you're under control.
Grouille ! Donne-moi ton putain de fric !!!
Il s'exécute, donnant ce qu'il trouve, l'extirpant du portefeuille maladroitement de sa main gauche.
And now you do what they told you...
Il reçoit un coup de pied dans le ventre, puis un autre.
Now you're under control.
Maintenant tu vas faire ce que je te dis sale pédale ! Relève toi !
Now you do what they told you
Il se relève, et se laisse guider vers le corps de Jon, qui avait été rué de coups sans même qu'il en ait conscience. Stéphane est en pleurs, il hoquète péniblement. Il pleure de peur, de colère,
d'impuissance, de honte...
Baisse ton froc !
Now you're under control.
Quoi ?
Baisse ton froc j'ai dit !
Quoi ? Il ne sait plus ce qui lui arrive. Il pense avoir mal entendu, il ne peut que avoir mal entendu. Mais l'agresseur sort alors une lame de sa poche.
Baisse ton putain de froc !!!
And now you do what they told you
Je veux que tu pisses sur ta pédale de collègue !
Quoi ??!
Dis encore une fois quoi sale enculé et je te jure que je te coupe la bite ! Allez, dis-moi encore une fois « quoi » pour voir ! Derrière, l'autre agresseur est hilare. Comme s'il n'avait
jamais rien entendu de plus drôle. Pourtant, Stéphane ne comprend pas pourquoi. Il tient son sexe à la main, et commence à se soulager sur son ami tout en pleurant toutes les larmes de son
corps.
... And now you do what they told you !!!
La peur aurait pu l'en empêcher, mais toute la bière qu'il avait ingurgitée ce soir ne demandait qu'à ressortir.
La vache ! T'es un gros dégueu toi ! T'as vu ce que tu fais à ton pote ? Tu sais ce qu'on fait aux gros dégueux nous ?
Il sentit la lame du couteau s'enfoncer dans son ventre avant même de ne voir le coup partir. Puis un deuxième vint le frapper fortement en plein visage, le couteau lui tailladant largement la
joue. Il s'écroule par terre, le pantalon baissé, en sang. Il sent un nouveau coup le frapper lourdement dans ses attributs. Heureusement la douleur ne vient pas encore. Il ne réalise pas.
Sa dernière vision, c'est un pied qui s'élève dans les airs avant de retomber avec force sur sa tête.
Killing in the name of ?
à suivre...
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