Le concert était un véritable enchantement. Et une vraie surprise. Ils étaient arrivés mains dans la main, se glissant dans le fond de la petite salle alors qu’un guitariste se produisait seul sur
scène.
Rapidement ils étaient entrés dans l’ambiance de cette soirée déjà entamée sans eux. Debout derrière les gens, il l’avait enlacée de ses longs bras avant de se laisser onduler sous les notes de
musique. Le chanteur posait ses mots sur une musique simple, une sorte de slam sur de la musique intimiste.
Quelques accords faisaient office de support pour qu’il puisse raconter sa vie à la petite foule subjuguée. Eux, à part, laissaient danser leurs corps dans un abandon qui ne leur ressemblait pas.
Les hanches collées l’une contre l’autre, l’étreinte prenait un atour d’un érotisme sous-entendu, et enchanteur. Les mots coulaient à leurs oreilles dans un flot harmonieux et leur parlaient comme
si l’on racontait leur propre histoire…
A la fin du concert, après avoir longuement applaudit, il s’esquiva, pour aller retirer de l’argent et acheter l’album de l’artiste. Elle, se dirigea vers les toilettes : ils se retrouveraient plus
tard.
La nuit tombée, alors qu’ils étaient lovés l’un contre l’autre, s’embrassant et se cajolant, il lui souffla à l’oreille qu’il souhaitait qu’elle lui racontât quelque chose pour l’exciter…
Elle posa ses mains sur son torse, se pencha vers son oreille et lui confia ces quelques mots d’une voix sensuelle et envoutante…
« Lorsque tu m’as quittée, pour aller chercher de l’argent, il y avait du monde dans les toilettes. Je me suis mise à la suite d’une petite queue et nous avons particulièrement tardé puisque
personne n’est entré après moi. Ce qui m’a troublée, c’est le regard que m’a lancé la femme devant moi. Une grande brune élancée, à la peau pâle mais pas trop. Très attirante. Lorsque je suis
entrée, elle m’a regardé de ses grands yeux noirs, et n’a pas dit un mot. Mais dans son regard j’ai pu lire quelque chose. Comme une invitation. Je lui ai plu, indéniablement. Elle semblait
surprise mais curieuse en même temps. »
_ Attends, qu’est-ce que tu es en train de me dire là ? Il y a une lesbienne qui t’a draguée dans les toilettes ? C’est vrai cette histoire ?
Elle ôta les mains de son corps à cette interruption. Elle était offusquée qu’il la coupe, et gênée par sa question. Lorsqu’elle reposa sa main sur lui, c’était pour la loger entre ses cuisses.
Très haut. Il raidit instantanément tout son corps, et un sourire dominateur au coin des lèvres elle reprit d’une voix autoritaire.
« Ne m’interromps plus, veux-tu ?
Je ne pense pas qu’elle était lesbienne. Cela semblait aussi nouveau pour elle que pour moi.
Elle ne m’avait regardé que l’espace d’un instant mais j’étais persuadé qu’elle était aussi troublée que moi. Elle me tournait à présent le dos, mais je sentais le regard de son imagination peser
encore sur moi. J’en profitais pour la regarder. Elle grande et élancée, comme je te l’ai dit. Elle portait des bottes en cuir noir comme tant de filles ont à présent, et qui lui montaient jusqu’au
genou. Des bas noirs allaient se cacher sous une robe serrée blanche à bretelles. Ses bras étaient couverts pas un haut noir moulant qu’elle portait sous sa robe. Ses cheveux, noirs et fins étaient
noués en un chignon rapide et élégant et découvraient sa nuque, seule partie de peau qui était offerte à ma vue.
Je ne pouvais m’empêcher de la regarder. J’imaginais ses formes sous ses vêtements. Je voyais ses fesses musclées tout comme je voyais mes mains posées sur elle. Je me demandais ce que ça voulait
dire et j’avais honte d’avoir de telles pensées, mais je ne pouvais m’en empêcher. Probablement pour me rassurer, je l’imaginais se poser les mêmes questions que moi, je l’imaginais penser à moi.
J’espérais lui plaire.
La dernière personne avant elle venait de prendre son tour et nous étions à présent seules en train d’attendre. Je fermais les yeux et respirais son parfum. La senteur sophistiquée, citadine et
classe à la fois, lui allait parfaitement bien. Me rendant compte de ce que je faisais, je me ressaisis, rouvris les yeux et me promis de ne plus avoir de telles pensées. Tu me revins en tête et
j’avais honte de te tromper ainsi par le fantasme.
Une porte s’ouvrit, et elle s’y dirigea. Mais avant d’esquisser le premier pas vers cette porte, elle frôla du doigt le creux de ma main et me jeta un dernier regard. Un sourire espiègle
l’accompagnait. Elle m’invitait à la rejoindre.
Sans réfléchir à ce que je faisais, je la suivis…
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