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  • : 26/03/2008
  • : Un regard sur l'Actualité, toujours critique, du Cinéma, pour vous faire partager mon amour, mais toujours des textes, pour le plaisir d'écrire.

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Vendredi 16 mai 2008
Il va se coucher.

Il se brosse les dents, soigneusement, puis range les dernières affaires qui traineraient encore.
Enfin, il se déshabille. Doucement. Si une caméra pouvait filmer ça, on croirait qu’il en rajoute, pour faire plaisir aux demoiselles. Mais non. Pas de caméra. Pas de demoiselle non plus, d’ailleurs. C’est seul qu’il procède ainsi, vêtement par vêtement, avec un calme et un soin infini.
Il les dépose cérémonieusement sur sa chaise. Cette façon de se déshabiller, c’est également une façon de se débarrasser de sa journée. A chaque bout de tissu qu’il ôte, il enlève un poids plus moral que physique. Tout son stress accumulé s’échappe par ces simples mouvements.
C’est alors qu’il est nu. Nu comme au premier jour, dit-on. Mais il ne l’est pas, au premier jour, il est empreint d’une mélancolie toute particulière qui le frappe tous les soirs à ce moment précis. Il pense à elle. Elle lui manque. Sa peau, son contact, son toucher… Il va la revoir bien sûr, mais on n’est jamais sûr de rien. Ce qu’il sait, c’est que ce soir il est seul. Encore.

Il repense à elle. A ces larmes qui auraient coulé si elles n’étaient pas dissimulées par un si somptueux et trompeur sourire, la dernière fois qu’il l’a vue. Il repense à sa peine, si forte, lorsque le contre-coup l’avait frappé. Rarement, jamais peut-être, sa douleur n’avait été aussi physique. Et pour lui, il n’y avait rien de plus fort que lorsqu’un sentiment avait des conséquences sur son corps ou le contraire. Ce matin là, il avait été dans son lit, secoué de soubresauts, se tordant de douleur, se tenant le ventre. Il ne pouvait pas, il n’arrivait même pas à pleurer. Ses larmes s’échappaient par ces spasmes qui secouaient son corps entier, accompagnés de rauques sanglots qui ne l’aidaient pourtant pas à évacuer sa tristesse…

Depuis, chaque jour qui avait suivi avait apporté son lot de nouveautés, de joies et de peine, colorant une lunatique relation de colère, de douleur, d’amour, de recueillement ou d’amertume, tant et si bien qu’à présent il semblait que cela fasse une éternité qu’ils ne s’étaient plus vus, alors que le calendrier démentait cette sensation. C’est donc avec la plus profonde nostalgie qu’il s’endormit, toutes ses pensées étant tournées vers elle…



Elle, dormait déjà.
Depuis de longues minutes elle était allongée sur son lit, si belle dans sa tenue de soie. Elle avait mit peu de temps à s’endormir, blottie contre elle-même, dans son grand lit froid de solitude. Depuis elle tremblait doucement. Bien sûr qu’il lui manquait, mais elle était rapidement passée à autre chose. Ou tout du moins avait-elle essayé. Il s’était passé tant dont il n’avait pas idée. Ce n’est pas en pensant à lui qu’elle s’était endormie, mais à son triste sort. Celui de celle qui serait toujours malheureuse en amour, qui rencontrait toujours les mauvais garçons aux mauvais moments. Et depuis quelques instants maintenant, son rêve était ponctué de mauvais rêves, qui rendaient sa peau moite, son souffle court et ses muscles crispés.

Puis, il y eut un changement. Un imperceptible changement dans l’air. Quelque chose d’innommable, d’inquantifiable. Une subtile variation dans l’air qui signifiait beaucoup : il était là. Elle s’en serait presque réveillée. Son cauchemar prit fin sur le champ. Une réconfortante et douce lumière vint éclairer les obscurités de ses songes. Elle ne se sentait plus seule. Une voix réconfortante vint silencieusement lui glisser quelques mots à l’oreille. Des mots qu’elle seule pouvait entendre. Des mots qu’elle seule pouvait comprendre.

Elle se détendit, et sans s’en rendre compte, roula sur le dos. Ses mains, ses bras se décontractèrent, se déraidirent, et lentement ses mains vinrent se placer en oreiller sous son oreille. Il la prit dans ses bras et la serra fort. Sur ses lèvres se dessinait un sourire de contentement, le sourire de celle qui abdique et se laisse prendre dans ses bras parce qu’il est trop fort, qu’elle est trop fatiguée, et ne peut pas, ne veut pas lutter. Mais aussi le sourire de celle, qui de toutes façons aime ça. Se sentir aimée, se sentir protégée. Se sentir unique. Se sentir à lui.

Elle reprit le cours d’un sommeil qu’elle n’avait de toutes façons jamais réellement quitté, l’esprit empli de belles histoires et de romances de contes de fée.



Cette nuit ils s‘étaient couchés seuls.

Mais alors qu’ils se lèveraient, le matin, ils ne se sentiraient plus si seuls, leur sourire témoignant d’une vérité qu’aucune science au monde ne saurait expliquer : c’est l’un contre l’autre qu’ils passèrent la nuit…
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