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  • : Plaisir d'écrire, le blog de Medigane
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  • : 26/03/2008
  • : Un regard sur l'Actualité, toujours critique, du Cinéma, pour vous faire partager mon amour, mais toujours des textes, pour le plaisir d'écrire.

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Samedi 28 juin 2008

 

 

Ma copine est chez son ex. Ca fait plusieurs jours maintenant. Elle y est allée en toute amitié, pour le revoir. Il organisait une fête avant son départ. L'occasion de lui dire au revoir, en quelque sorte. Moi, j'avais pris sur moi, et lui avait témoigné de la plus grande confiance dont j'étais capable, en lui disant d'y aller, même sans moi. Mon job me servant d'excuse, je pouvais esquiver cette petite fête à l'autre bout de la France pour laquelle le déplacement aurait coûté honteusement cher, et à laquelle je n'étais invité qu'à demi-mot. Eh oui : c'est pas facile pour deux personnes de s'entendre quand on a partagé le même coeur.

Et autant je lui avais fait confiance, autant, elle savait qu'une chose plus importante que tout pour moi, était la vérité. Si elle craquait, elle devait me le dire. Du coup, depuis quelques jours, j'étais à moitié rassuré en lisant ses textos : oui elle était encore attirée par lui. Non, ils n'avaient pas couché ensemble.

 

Elle me manquait terriblement. Et moi aussi je lui manquais, apparemment. Et puis le texto de trop : "c dur a coT d lui. G encor envi mé j me reti1 pr toa. vi1 m voir."

Elle était à deux doigts de craquer. Et moi, je savais que je ne pourrais encaisser ça.

Autre goutte d'eau qui fit déborder le vase : la enième remarque déplacée de ma supérieure. Et la menace de ne pas me garder à l'échéance de la période d'essai.

 

Alors ce fut le branle bas de combat. D'abord, la lettre de démission. Ce job est un job de merde. S'ils ne veulent pas me garder, alors je prendrai les devants, et c'est moi qui partirai. Puis le regard sur les sites de voyages. Avion en premier pour cette distance.

 

...

 

Bon ok, vu les tarifs, ce sera pas l'avion.

 

Mais même pour le train le tarif est plus que prohibitif. A moins que...

Je regarde mon compte en banque. Il me confirme mon dilemne. Pour avoir l'argent pour partir, il faut que je bosse. Or, si je bosse, je peux pas partir. Et merde.

Un coup d'oeil sur le côté et je vois mes dvd. Si je les revends, je gagnerai une misère par rapport à ce qu'ils m'ont coûté. Mais en même temps, elle vaut mieux que des dvd à la con, non ?

Alors je paie le train en me promettant de vendre mes dvd pour pouvoir manger quand même ce mois-ci. Je vais bosser une dernière fois au restaurant et finis au milieu de la nuit. Je retourne chez moi, attrape le chat et file à Marseille, le déposer chez mon frère, parce que le train était moins cher en partant de là, de toutes façons.

Puis, à cinq heures, j'arrive à la gare et saute juste à temps dans le premier train pour le nord de la France. Enfin, je peux dormir.

J'arrive là bas en fin d'après midi, puis enchaîne avec un deuxième train, régionnal celui-ci, afin d'atteindre la petite ville dans laquelle son ex habite. J'y suis déjà allé une fois, dans des circonstances particulières. Je n'hésite pas une seule fois sur l'itinéraire à suivre pour aller jusque chez lui, malgré les nombreux mois qui me séparent de ma dernière visite là bas. Sauf qu'à pied, c'est plus long qu'en voiture. Qu'importe, ça me donne le temps de réfléchire enfin. Et de me rendre compte que je ne les ai toujours pas prévenus de mon arrivée, même si, officiellement, je suis toujours invité.

Je n'en peux plus. Je vais bientôt pouvoir la serrer dans mes bras. Elle me manque tant, j'ai eu si peur, de la savoir loin de moi. Alors que je vois la maison qui se profile au loin, un sourire niais s'empare de mon visage. Accompagné de la satisfaction toute enfantine de se réveiller enfin d'un long cauchemar. Et d'être en train de concrétiser une belle folie. Mais que voulez-vous ? On est romantique ou on ne l'est pas !

Pour la blague, je lui envoie un texto, juste avant de sonner à la maison. Comme ça, elle n'aura qu'une minute ou deux pour y réfléchir avant de voir que c'était une blague : "Ecoute, on s'était promis d'être honnetes, alors je te préviens. J'ai craque. Et je m'apprete a coucher avec une femme. Dsl."

Elle m'excusera la blague, quand elle verra que la femme en question, c'est elle !

 

Je sonne.

Après quelques instants, il vient m'ouvrir. Son visage s'habille tout d'abord de surprise, d'incrédulité. Puis de gêne, d'embaras. De honte. Je m'aperçois qu'il est torse-nu, et en sueur. Apparemment il attendait quelqu'un d'autre que moi. Mon esprit refuse de décoder ce que ça peut signifier. Il refuse obstinément, mais l'évidence se fait de plus en plus lumineuse devant mes yeux qui refusent de voir.

Elle apparait toute sourire, en venant le saisir par la hanche et en s'inscrivant dans l'encadrure de la porte.

Puis arrête de sourire, en me voyant.

 

 

"Tu aurais dû prévenir", me dit-il.

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